HBP : un laser dernier cri

EntreNous Vol.16 - No.2

J’ai entendu parler de la technologie laser GreenLight pour traiter l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP). Quels sont ses avantages et inconvénients ?

On connaît la chirurgie laser GreenLightMC depuis plus de 10 ans, dans sa version originale de 80 W de puissance (1997), puis de 120 W (2005). Il existe d’autres traitements laser des troubles urinaires dus à l’HBP, notamment le laser Holmium. La grande différence réside dans la longueur d’onde lumineuse, qui influe sur les interactions entre les tissus et sur la technique d’ablation.

La 3e génération de GreenLight (180 W) a été présentée à l’Université de Montréal en avril 2011. Elle offre une puissance accrue de 50 % pour éliminer les tissus prostatiques obstructifs, une fibre laser plus durable et un meilleur contrôle des saignements. En général, l’intervention ne nécessite pas d’hospitalisation. On peut aussi la pratiquer chez l’homme qui prend un anticoagulant, qui a une prostate volumineuse ou qui souffre d’un autre problème médical. À Montréal, nous avons traité plus de 40 patients, et la durée des interventions s’est trouvée réduite de 40 % !

La chirurgie par le laser GreenLight peut causer des saignements dans l’urine pendant sept à 14 jours et une légère sensation de brûlure à la miction durant deux à quatre semaines. On pense aussi aux mictions fréquentes (temporaires), à l’éjaculation rétrograde (orgasme sans sortie normale du sperme, qui retourne vers la vessie) et à l’incontinence (rare). La fonction érectile est peu touchée, selon plusieurs études. Les résultats préliminaires ressemblent à ceux de la résection transurétrale de la prostate (RTUP), en particulier quand la glande est d’un volume faible ou moyen.

Malgré les avantages des approches peu effractives, la RTUP demeure le traitement « étoile » de l’HBP. Discutez-en avec votre urologue pour choisir l’option médicale ou chirurgicale qui vous convient le mieux.

Le Dr Kevin Zorn est urologue au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), au Québec.