Effets tardifs de la RT

EntreNous Vol.16 - No.2

Comment expliquer l’apparition d’effets secondaires des années après une radiothérapie (RT) pour le cancer de la prostate ?

En dégradant l’ADN des cellules normales et cancéreuses, la RT les empêche de se diviser. Celles à division rapide perdent la capacité de se reproduire et meurent presque sur-le-champ; celles à division lente peuvent survivre des jours, des mois et même des années. C’est le rythme de la mort cellulaire (sans reproduction) qui détermine quand les effets indésirables surviendront.

Les cellules qui se divisent le plus vite sont dans les muqueuses qui tapissent l’intérieur de la vessie et du rectum. Ces tissus étant les premiers à mourir durant la RT, le premier effet indésirable est l’irritabilité vésicale et rectale, laquelle disparaît lorsque les muqueuses se régénèrent, pendant et après le traitement.

Les cellules dont la croissance est la plus lente sont les cellules prostatiques cancéreuses, celles du tissu conjonctif local (surtout des parois musculaires de la vessie et du rectum) et celles des vaisseaux sanguins apportant oxygène et nutriments à la tumeur, aux tissus musculaires ainsi qu’aux nerfs et tissus érectiles. Ces cellules mettent parfois des mois ou des années à mourir après la RT — d’où la baisse graduelle du taux d’APS. La perte échelonnée d’alimentation sanguine peut causer la formation de cicatrices menant à une irritation et à des saignements tardifs de la vessie et du rectum, et à la dysfonction érectile. L’homme qui a déjà un problème intestinal, vésical ou érectile au début du traitement est plus susceptible de subir des effets permanents.

Pour minimiser les lésions dues à la RT, le plus simple est de l’administrer en petites « fractions » étalées sur une longue période. Mais le plus efficace pour détruire les cellules prostatiques cancéreuses est de donner de fortes doses quotidiennes. On peut le faire sans hausser le risque de lésions permanentes grâce aux techniques d’aujourd’hui qui évitent l’irradiation des tissus sensibles. Des essais vérifieront si ces techniques permettraient de raccourcir le traitement à quelques semaines — sans danger.  

Le Dr Charles Catton est radio-oncologue au Princess Margaret Hospital, à Toronto (Ontario).