La biopsie prostatique permet de déceler un cancer, et la décision de faire une biopsie repose avant tout sur le test de l’APS ou un toucher rectal anormal. Or, une majorité de patients qui affichent un haut taux d’APS ne recevront pas un diagnostic de CP. Malgré les progrès des techniques d’échographie et de résonance magnétique ainsi que les efforts que l’on continue d’y consacrer, ce type d’examens radiologiques semble plus approprié pour établir l’étendue du cancer (après le diagnostic) que le diagnostic lui-même.
Parmi les tests proposés afin d’améliorer la détection du cancer et minimiser le recours aux biopsies, le ratio d’APS libre/total, qui raffine la capacité diagnostique du test de l’APS, est le plus utilisé.
Depuis quelques années, un autre test diagnostique est disponible : on mesure la quantité du gène PCA3 dans un échantillon d’urine. Le PCA3 est spécifique au CP (on n’en trouve dans aucune autre forme de cancer), et il y en a davantage dans les cellules cancéreuses que dans les cellules saines de la prostate. Sans apporter de réponse définitive quant à la présence du CP, il aide à repérer les hommes chez qui une évaluation plus poussée devrait être effectuée. Plus sa valeur est élevée, plus le risque lié au CP est important.
Voici les bénéfices potentiels du test PCA3 :
- Détecter un nouveau CP (aider à déterminer si une biopsie serait appropriée);
- Identifier les patients chez qui une autre biopsie serait justifiée (quand le taux d’APS augmente progressivement);
- Identifier les candidats à la surveillance active.
De plus en plus, les biopsies détectent des CP jugés non significatifs. En conséquence, bien des hommes se voient offrir l’option de la surveillance active de leur CP — tant qu’il continue de « stagner ». Mais comment être certain que le CP est vraiment non significatif ? Les études laissent croire que la valeur du PCA3 est directement associée à la taille ou à la virulence du cancer dans la prostate. Ce test pourrait alors révéler les bons candidats à la surveillance active et en même temps d’éviter de laisser sans traitement des hommes dont les biopsies auraient sous-estimé l’étendue réelle du cancer. Soulignons que ces observations sont encore préliminaires.
Le test PCA3 semble donc prometteur, car ses résultats offrent une information supplémentaire utile à la prise de décision. Par contre, il ne peut malheureusement pas confirmer sans l’ombre d’un doute la présence ou le degré d’agressivité du CP.
Le test PCA3 étant sophistiqué, l’analyse des échantillons d’urine doit être exécutée dans un laboratoire privé, car la majorité des hôpitaux ne disposent pas de l’appareillage nécessaire. Le test n’est donc pas couvert par le système de santé provincial, mais la plupart des assurances privées en remboursent le prix.