D’hormones et de cœur

EntreNous Vol.14 - No.3

Y a-t-il un lien entre l’hormonothérapie et les problèmes cardiaques ? Dans l’affirmative, que peut-on faire pour minimiser ce risque ?

L’hormonothérapie, ou suppression androgénique (SA), est un important volet de plusieurs traitements du cancer de la prostate (CP). Comme les agonistes de la GnRH ou la castration chirurgicale, elle agit en freinant la production de testostérone, ce qui entraîne une réduction de l’activité cancéreuse dans la prostate. Les hommes qui suivent une SA prolongée courent un plus grand risque de dyslipidémie (par ex. hausse du cholestérol total, des triglycérides et des lipoprotéines de haute densité [HDL]), d’obésité, d’insulinorésistance et de syndrome métabolique (ensemble de facteurs accroissant le risque de maladie cardiovasculaire et de diabète).

On entrevoit de plus en plus une relation entre baisse de l’activité androgénique et plus forte probabilité d’apparition ou d’aggravation du diabète ou d’une cardiopathie; le sujet prête toutefois à controverse, car on manque encore de données probantes quant à un taux plus élevé de décès de nature cardiaque.

Pour la plupart des patients atteints de CP, la SA s’avère plus bénéfique que dommageable. Parfois, la SA intermittente (arrêt du traitement quand le taux d’APS tombe à zéro ou presque, et reprise lorsqu’il se met à remonter) est appropriée. Certaines mesures pourraient avoir un effet protecteur, notamment une aspirine par jour, davantage d’activité physique, la perte de poids, les changements alimentaires et/ou l’ajout d’une statine. Mais le degré de protection variant d’un homme à l’autre, vous devriez en discuter d’abord avec votre médecin de famille. 

Le Dr Richard Norman enseigne au Département d’urologie (Faculté de médecine) de l’Université Dalhousie, à Halifax, Nouvelle-Écosse.