Le sexe pendant le traitement

EntreNous Vol.4 - No.2

Je vais recevoir de la radiothérapie contre le cancer de la prostate, et j’aimerais savoir si je dois éviter toute activité sexuelle jusqu’à la fin du traitement ?

C’est une question assez fréquente. D’habitude, l’homme s’inquiète des répercussions des rapports sexuels sur son traitement ou sur la santé de sa conjointe.

Le sexe ne présente aucun danger pour un homme traité par radiothérapie externe ou pour sa partenaire. Toutefois, les patients souffrent souvent de fatigue, et vers la fin du traitement, des crampes de la vessie surviennent parfois. Et puis, le traitement irrite la prostate, ce qui peut rendre l’éjaculation douloureuse. Tout cela, ajouté au stress de la thérapie, tend à rédui­re temporairement l’intérêt pour le sexe — les choses s’amé­liorent en quelques semaines une fois le traitement terminé. L’anxiété n’aidera sûrement pas; alors si le sexe vous intéresse moins ou si les érections sont problématiques pendant le traitement, le mieux est d’essayer de relaxer et d’attendre que les effets secondaires s’atténuent. Mais si vous avez le goût et la « puissance » qu’il faut, allez-y !

La situation est un peu différente après une curie­thérapie puisqu’on a implanté la source de radioactivité directement dans la prostate. Bien que le patient ne soit jamais assez radioactif pour faire du mal à sa compagne, il est possible — quoique rare — qu’une ou plusieurs granules radioactives s’échappent de la prostate lors des premières éjacu­lations. C’est pourquoi on recommande aux patients de porter un condom pour les deux ou trois éjaculations suivant l’implantation, de façon à récupérer toute granule « itinérante » qui se serait perdue dans une des vésicules séminales.

 Comme après une radiothérapie, le patient serait bien avisé d’attendre de se sentir à l’aise pour reprendre les activités sexuelles — ce qui signifie, en général, environ une semaine après l’intervention.

 

 

Le Dr Charles Catton est radio-oncologue au Princess Margaret Hospital de Toronto, en Ontario.