Les options de radiothérapie après la RTUP

EntreNous Vol.14 - No.2

Est-il vrai que je ne suis pas candidat à la curiethérapie parce que j’ai eu une RTUP ? Pourrais-je recevoir une radiothérapie à doses élevées ?

Le Dr Catton explique : Votre question renvoie à une situation assez courante concernant l’admissibilité à une radiothérapie contre le cancer de la prostate (CP).

La glande prostatique grossit plus ou moins à mesure que son propriétaire vieillit... C’est ce que l’on appelle l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP), laquelle entraîne des troubles urinaires : mictions fréquentes, impérieuses ou intermittentes, faible débit et goutte-à-goutte. Les médicaments viennent souvent à bout de ces symptômes, lorsqu’un traitement s’impose. Mais l’excédent de tissu prostatique qui nuit au flux urinaire doit parfois être retiré chirurgicalement, par résection transurétrale de la prostate (RTUP).

La RTUP améliore le flux urinaire en dégageant un espace au centre de la prostate. Pour l’homme qui reçoit ultérieurement un diagnostic de CP et qui envisage un traitement par curiethérapie (implants radioactifs), cette cavité cause toutefois des problèmes. En effet, la curiethérapie est le plus efficace quand les implants peuvent être répartis à intervalles préétablis dans toute la prostate, ce qui s’avère impossible en raison de la cavité centrale.

Heureusement, ce « gros creux » n’empêche pas la radiothérapie externe. On peut administrer sans grand danger des rayonnements très puissants sous forme de radiothérapie à modulation d’intensité (IMRT) ou de radiothérapie conformationnelle (3D). Pour tout dire, on pourrait même recommander une RTUP avant la radiothérapie chez les patients qui présentent un débit urinaire très faible de façon à diminuer le risque d’obstruction urinaire totale pendant que dure le traitement. En pareil cas, on attendrait de huit à 12 semaines après la RTUP pour entreprendre la radiothérapie afin de s’assurer que la prostate est complètement guérie. 

Le Dr Charles Catton est radio-oncologue à l’hôpital Princess Margaret, à Toronto (Ontario).