Combien de temps, le cathéter ?

EntreNous Vol.4 - No.1

Lors de ma curiethérapie, en juin 2007, on m’a posé un cathéter. Il a été retiré quatre mois plus tard mais il a fallu le réinstaller. Entre-temps, le bout du pénis est devenu très sensible, j’ai été soigné pour une infection et on m’a prescrit des antidouleurs (plutôt inefficaces, ma seule option étant de ne pas bouger). La douleur s’intensifie depuis août 2007... J’ai besoin d’aide !

Le cathéter urinaire associé à l’insertion d’implants radioactifs dans la prostate (curiethérapie) représente un risque connu, qui se matérialise chez 10 % à 15 % des patients. Ce risque s’accroît si la prostate est volumineuse et si l’homme avait déjà des difficultés urinaires, par exemple un débit très lent ou intermittent, ou encore une incapacité à vider complètement la vessie.

Dans un tiers des cas, le cathéter post-traitement ne sera porté que pendant quelques jours seulement. Ce délai peut s’étendre à une semaine et même à un mois chez un autre tiers des patients, et pour le dernier tiers (comme pour vous), il faudra compter plus d’un mois.

La prise en charge de la rétention urinaire consécutive à la curiethérapie varie légèrement d’un médecin à l’autre. J’ai pour pratique personnelle de laisser un cathéter interne en place (comme celui que vous avez eu) pendant trois à cinq jours au maximum, et de prescrire un alphabloquant tel que la tamsulosine (FlomaxMD) ou la doxazosine (CarduraMD) pour aider à rétablir les mictions, ainsi qu’un anti-inflammatoire comme le méloxicam (MobicoxMD) ou l’ibuprofène (AdvilMD, MotrinMD) pour réduire l’enflure de la prostate. Certains doivent prendre les deux types de médicaments pendant plusieurs semaines ou mois. À ceux incapables d’uriner de façon satisfaisante après le retrait du cathéter, nous enseignons « l’auto-cathétérisme aseptisé ponctuel ». La plupart des hommes maîtrisent cette technique assez facilement et évitent ainsi l’inconfort du cathéter interne à long terme. Il s’agit de noter le nombre de mictions normales en plus d’insérer, trois ou quatre fois par jour, un petit cathéter pour permettre à la vessie d’évacuer ce qui n’est pas éliminé naturellement. On utilise moins de cathéters (par jour) à mesure que la fonction urinaire s’améliore. Des exercices physiques et de relaxation peuvent faciliter la régularisation du débit urinaire. Grâce à ce « programme général », la vaste majorité des patients recommencent à uriner spontanément en quelques semaines.

Juanita Crook, M.D., FRCPC, enseigne l’oncoradiologie à l’Université de Toronto (Ontario) et exerce au Princess Margaret Hospital.