Le cathéter urinaire associé à l’insertion d’implants radioactifs dans la prostate (curiethérapie) représente un risque connu, qui se matérialise chez 10 % à 15 % des patients. Ce risque s’accroît si la prostate est volumineuse et si l’homme avait déjà des difficultés urinaires, par exemple un débit très lent ou intermittent, ou encore une incapacité à vider complètement la vessie.
Dans un tiers des cas, le cathéter post-traitement ne sera porté que pendant quelques jours seulement. Ce délai peut s’étendre à une semaine et même à un mois chez un autre tiers des patients, et pour le dernier tiers (comme pour vous), il faudra compter plus d’un mois.
La prise en charge de la rétention urinaire consécutive à la curiethérapie varie légèrement d’un médecin à l’autre. J’ai pour pratique personnelle de laisser un cathéter interne en place (comme celui que vous avez eu) pendant trois à cinq jours au maximum, et de prescrire un alphabloquant tel que la tamsulosine (FlomaxMD) ou la doxazosine (CarduraMD) pour aider à rétablir les mictions, ainsi qu’un anti-inflammatoire comme le méloxicam (MobicoxMD) ou l’ibuprofène (AdvilMD, MotrinMD) pour réduire l’enflure de la prostate. Certains doivent prendre les deux types de médicaments pendant plusieurs semaines ou mois. À ceux incapables d’uriner de façon satisfaisante après le retrait du cathéter, nous enseignons « l’auto-cathétérisme aseptisé ponctuel ». La plupart des hommes maîtrisent cette technique assez facilement et évitent ainsi l’inconfort du cathéter interne à long terme. Il s’agit de noter le nombre de mictions normales en plus d’insérer, trois ou quatre fois par jour, un petit cathéter pour permettre à la vessie d’évacuer ce qui n’est pas éliminé naturellement. On utilise moins de cathéters (par jour) à mesure que la fonction urinaire s’améliore. Des exercices physiques et de relaxation peuvent faciliter la régularisation du débit urinaire. Grâce à ce « programme général », la vaste majorité des patients recommencent à uriner spontanément en quelques semaines.