Le débat sur l’utilité du test de l’APS et des vérifications subséquentes pour contrôler le cancer de la prostate (CP) ne semble pas vouloir s’apaiser. Mon opinion sur cette question découle de l’expérience directe. Lors d’un bilan de santé, en 1996 (j’avais alors 63 ans), mon médecin de famille m’a prescrit un test de l’APS. « Par principe », affirmait-il. Le résultat — un taux de 9 ng/mL — ne voulait absolument rien dire pour moi. Mais mon médecin m’a recommandé de voir un urologue et, à mon grand plaisir, il m’a orienté vers un homme que j’avais connu comme client et que je respectais énormément.

Ma femme m’a accompagné au rendez-vous; nous avons discuté d’attente vigilante, d’ablation chirurgicale et de radiothérapie. À l’époque, le général Norman Schwarzkopf (qui s’est illustré dans la Tempête du désert) et la légende du golf Arnold Palmer avaient parlé publiquement de leur CP et de leur opération. Ils ont sans doute influencé mon choix de la prostatectomie. Je sais qu’il existe aujourd’hui des chirurgies beaucoup moins effractives, moins dommageables pour les nerfs érectiles et plus propices à une guérison rapide. Bref, après l’intervention, mon urologue a confirmé que j’avais un CP envahissant et qu’un millimètre plus loin, il aurait traversé la capsule prostatique. Jusqu’ici, mon taux d’APS est resté indétectable...

Les groupes de soutien offrent une mine d’information et d’autres bienfaits. J’ai participé à plusieurs réunions du groupe d’Edmonton et siégé brièvement au conseil d’administration de la Northern Alberta Urology Foundation (où j’ai assuré l’organisation de trois tournois de golf afin d’amasser des fonds pour la recherche sur le CP). Personne ne peut prendre des décisions éclairées à votre place pour bien gérer votre santé. Mais négliger le test de l’APS alors qu’on soupèse encore sa valeur pourrait s’avérer fatal — j’en suis la preuve vivante !

Je crois toutefois qu’il est malsain de passer trop de temps à s’occuper de son taux d’APS. C’est en partie pour éviter ce piège que je fais du bénévolat. Pendant 14 ans, j’ai été membre du conseil du Concordia University College of Alberta, ce qui m’a valu un Prix de reconnaissance pour services exceptionnels. J’ai aussi siégé au conseil de la Good Samaritan Society, un organisme voué aux soins prolongés à Edmonton et qui gère des centres pour personnes âgées un peu partout en Alberta et en Colombie-Britannique. Enfin, j’ai été président du Fonds des travailleurs de l’Église Luthérienne du Canada, dont l’une des activités m’amène encore à me lever à 5 h 00 tous les mardis pour préparer et servir le petit-déjeuner à des sans-abri.

Le bénévolat, c’est ma façon de remercier une société qui a été très généreuse envers moi, et une occasion d’exercer les compétences que j’ai acquises au cours de ma carrière à la Banque Royale. Nous, les retraités, nous possédons de l’expérience et des relations utiles — il faut en faire profiter les autres ! Le bénévolat permet en outre de changer la vie des gens, y compris la sienne. Et c’est aussi agréable qu’enrichissant.

Le tennis de table est l’autre passion de ma vie, depuis mon enfance. J’ai joué dans des compétitions à Calgary dans les années 1960 et maintenant je participe aux « Jeux des Maîtres », tous les quatre ans. Sans me vanter, je peux dire que j’ai gagné ma part de médailles à l’échelle provinciale et internationale.

Les hommes tendent à se replier sur eux-mêmes... Dans mon cas, le bénévolat et les matchs de tennis de table m’ont permis d’échanger avec les autres et d’aider les gens dans la mesure de mes moyens. Alors voici mon conseil : essayez d’être « celui qui encourage » comme j’ai essayé de l’être pour des hommes qui ne sont malheureusement plus des nôtres.