Surveillance active et progression
Montréal, juin 2011 — le congrès de l’Association des urologues du Canada
La surveillance active (SA) gagne du terrain comme option viable quand le CP présente un risque faible. Voici deux études d’intérêt pour les hommes qui ont choisi cette approche.
Deux grands essais comparatifs randomisés ont déjà démontré que les « inhibiteurs de la 5-alpha-réductase » (I-5AR) préviennent l’apparition du CP. Une étude présentée au congrès, dirigée par A. Finelli, a comparé l’effet des I-5AR et d’autres agents sur la progression d’un CP à risque faible chez 288 hommes sous SA. Tous affichaient un taux d’APS <10 ng/mL, un stade T1c/T2a, une cote de Gleason de ≤6 et ≤3 échantillons positifs à moins de 50 % d’atteinte. Le suivi médian de 38,5 mois a révélé une progression chez 93 hommes (cote de Gleason >6, atteinte des échantillons >50 % ou >3 échantillons positifs, selon une biopsie subséquente), tandis que 96 autres avaient abandonné la SA. Dans le groupe I-5AR, la progression cancéreuse était plus lente et les sujets moins susceptibles de changer d’approche, confirmant ainsi les avantages de ces agents pour le CP à risque faible. (Certaines études soulèvent toutefois un débat quant à la relation entre les I-5AR et le CP de stade plus avancé.)
Un autre essai par V. Fradet a mesuré l’utilité du test urinaire PCA3 pour prédire la progression du cancer chez des hommes en SA. Leur cote de Gleason s’élevait à 6; on leur avait prescrit un I-5AR; ils s’étaient soumis à des biopsies après six et 12 mois de SA, biopsies précédées d’un prélèvement d’urine. Les résultats ont montré que le test PCA3 « annonçait » une progression du cancer (ou un cancer plus virulent passé inaperçu lors du diagnostic). Le test pourrait donc aider à repérer les hommes qui bénéficieraient le plus de la SA.