Moins de problèmes osseux
Montréal, juin 2011 — le congrès de l’Association des urologues du Canada
Perte osseuse et fractures
La suppression androgénique (SA) entraîne un risque d’affaiblissement des os et de fractures. Et dans le cancer de la prostate résistant à la castration (CPRC) avancé, les os sont souvent les sites de dissémination cancéreuse (métastases). Plusieurs agents permettent maintenant de prévenir ou du moins réduire ces complications.
Parmi les essais portant sur les divers bisphosphonates oraux (couramment utilisés contre l’ostéoporose), celui de Klotz et al. a évalué l’alendronate par voie orale en dose hebdomadaire. Les chercheurs ont constaté que chez des hommes atteints d’un CP localisé et traités par SA, cet agent prévient la perte osseuse, augmente la masse osseuse et provoque peu d’effets indésirables. Un autre essai, par le Groupe canadien d’oncologie urologique, a étudié l’innocuité et l’efficacité du risédronate oral (c. placebo) chez 140 hommes traités par SA. Au bout d’un an, on a conclu qu’il était bien toléré et qu’il prévenait la perte osseuse aux vertèbres lombaires. Pour prescrire tel ou tel bisphosphonate, les médecins vérifient notamment s’il est remboursé par le système de santé provincial ainsi que les préférences du patient. Bien des hommes ne prennent toujours pas de ces agents pourtant bénéfiques, ou ne les prennent pas fidèlement (manque d’observance).
On ne possédait pas de données sur le lien entre fractures vertébrales et mortalité dans le domaine exclusif du CP jusqu’à ce que F. Saad et son équipe analysent la survie générale et les fractures vertébrales (établies par radiographie de la colonne) de 1 486 hommes atteints d’un CP non métastatique et traités par SA. Dans le cadre d’un essai comparatif randomisé de phase III, ces sujets ont pris du dénosumab, un nouvel agent approuvé depuis peu par Santé Canada pour contrer les métastases osseuses dues au CP. Après pondération des facteurs âge et durée de la SA, on a relevé plus de décès dans le groupe d’hommes qui avaient déjà des fractures vertébrales au début de l’essai (22 % des participants). La survie générale semblerait donc plus courte chez les hommes qui présentent des fractures pendant la SA.
Prolonger la survie sans métastases osseuses
On a testé la capacité du dénosumab à retarder l’apparition de métastases osseuses — cause de douleurs et d’autres effets débilitants — en situation de CPRC. Dans un essai randomisé, 1 432 hommes à risque élevé de métastases osseuses (taux d’APS ≥8, taux de testostérone <50 ng/dL) ont reçu des injections mensuelles de dénosumab ou d’un placebo. Les suppléments de calcium et de vitamine D leur étaient recommandés. Résultats ? Par rapport aux hommes du groupe placebo, ceux du groupe dénosumab ont vu leur survie sans métastases osseuses se prolonger de 4,2 mois; le délai de formation des premières métastases était également plus long.