Les nerfs ou la marge ?
Montréal, juin 2011 — le congrès de l’Association des urologues du Canada
Les médecins font toujours face au même défi : éliminer le cancer tout en minimisant les effets indésirables qui sapent les capacités et la qualité de vie des patients. La chirurgie conservatrice des nerfs (ceux qui longent les côtés de la prostate) illustre les efforts visant à réduire l’un de ces effets secondaires — la dysfonction érectile. Or, une étude donne à penser que la préservation des nerfs érectiles serait associée à une marge chirurgicale positive, c’est-à-dire que le cancer s’est étendu jusqu’à la limite extérieure des tissus enlevés. Devant une marge positive sans extension tumorale évidente en dehors de la glande, on parle de résection capsulaire (RC), et on sait que la RC défavorise la survie sans récidive.
Afin d’évaluer l’effet de la chirurgie conservatrice des nerfs sur la RC, une équipe s’est penchée sur les dossiers de 9 915 hommes traités par prostatectomie « ouverte », laparoscopique ou robotisée dans deux centres hospitaliers (à Ottawa et New York). On a noté une RC pour environ 6 % des patients, et parmi eux, elle était significativement plus fréquente lorsqu’une chirurgie conservatrice bilatérale des nerfs avait été pratiquée. On a aussi observé que la RC survenait plus souvent lors d’une prostatectomie robotisée. L’équipe a conclu que la préservation bilatérale des nerfs durant l’intervention robotisée accroît notablement le risque de RC.