Thérapie comportementale, recul de l’incontinence
En dépit de données probantes à l’effet qu’un programme de huit semaines de thérapie comportementale commençant peu après une chirurgie de la prostate améliore le contrôle urinaire, aucun essai comparatif randomisé n’avait jusqu’ici mesuré son efficacité pour des hommes chez qui l’incontinence durait depuis plus d’un an. C’est maintenant chose faite.
L’Université de l’Alabama a recruté 208 hommes (24 % d’Afro-Américains et 75 % de Caucasiens) âgés de 51 à 84 ans qui, après une prostatectomie, avaient souffert assez longtemps d’incontinence (de 1 à 17 années). L’essai s’est déroulé entre 2003 et 2008, et les patients ont été suivis pendant un an après leur traitement.
On avait divisé les hommes en trois groupes, selon le type et l’intensité de leur incontinence, mais tous tenaient un journal hebdomadaire de leurs « épisodes urinaires ». Voici les résultats (TC = Thérapie comportementale) :
- Groupe 1 — TC avec renforcement des muscles pelviens et stratégies de contrôle de la vessie : 55 % moins d’incontinence (de 28 à 13 épisodes/semaine)
- Groupe 2 — TC avec rétroaction biologique et stimulation électrique du plancher pelvien : 51 % moins d’incontinence (de 26 à 12 épisodes/semaine)
- Groupe 3 — Traitement reporté (groupe témoin) : 24 % moins d’incontinence (de 25 à 21 épisodes/semaine)
L’amélioration s’est maintenue pendant 12 mois dans les groupes de traitement, mais il n’y avait pas de différence notable entre les deux. La rétroaction biologique et la stimulation électrique du plancher pelvien n’ont pas augmenté l’efficacité de la TC. Au bout de huit semaines, 15,7 % des sujets du groupe 1 et 17,1 % de ceux du groupe 2 avaient retrouvé leur pleine continence, contre seulement 5,9 % des sujets témoins.