PTEN, PKR et CP

Avec des collègues américains, des chercheurs de l’Hôpital général juif de Montréal (affilié à l’Université McGill) ont mis au jour un lien entre deux voies génétiques pouvant bloquer la croissance des tumeurs. Cette découverte pourrait se traduire par de nouveaux traitements de plusieurs formes de cancer, dont le cancer de la prostate (CP).

Les chercheurs ont vu la relation entre la phosphatase et homologue de la tensine (PTEN en anglais), un gène suppresseur de tumeur, et la protéine PKR, qui inhibe la synthèse de protéines. En cas d’absence ou de mutation de la PTEN, la PKR perd son pouvoir inhibiteur et permet ainsi une croissance incontrôlée des cellules affectées, lesquelles survivent plus longtemps que les cellules normales — ce qui favorise le développement tumoral. En comprenant mieux les mutations de la PTEN, les chercheurs pourraient concevoir des médicaments qui « rallumeraient » la capacité d’inhibition de la PKR.

Leur travail a aussi montré que l’altération de l’ADN — causée par certains schémas de chimiothérapie — peut elle-même enclencher la voie PKR. Donc, en plus de créer des agents spécifiques à la PKR, la recherche pourrait s’orienter vers des médicaments à effet plus général sur l’ADN et qui activeraient la voie PKR comme « par coïncidence ».

Source : Mounir Z., J.L. Krishnamoorthy, G.P. Robertson et coll., « Tumor suppression by PTEN requires the activation of the PKR-eIF2 phosphorylation pathway », Sci Signal 2009;2(102):ra85.