La nitro à l’épreuve

Selon un récent essai clinique mené à l’Université Queen (Kingston, Ontario), la nitroglycérine à petite dose pourrait ralentir ou stopper la progression du CP sans effets secondaires notables. Cet essai restreint de phase II est le tout premier à produire des données probantes sur la nitro en tant que traitement du CP.

Connue pour dilater les vaisseaux sanguins et couramment utilisée contre les affections cardiaques, la nitroglycérine se transforme en oxyde nitrique dans l’organisme. Des recherches antérieures avaient montré la relation entre faible taux d’oxyde nitrique et hypoxie (manque d’oxygène) — un facteur de progression du CP.

Vingt-neuf hommes présentant une récidive cancéreuse (remontée du taux d’APS) après une prostatectomie ou une radiothérapie participaient à cet essai ouvert (les chercheurs et les sujets savent quel traitement est administré). Ces hommes ont porté un timbre transdermique contenant une faible dose de nitro à libération lente, et leur taux d’APS a été suivi pendant 24 mois. Chez 16 des 17 sujets qui ont poursuivi l’essai jusqu’à la fin, l’avancement du CP — mesuré d’après le temps de doublement du taux d’APS — avait cessé ou perdu de la vigueur.

Bien qu’il était basé sur un échantillon restreint, l’essai est prometteur, car il laisse entrevoir une nouvelle option non effractive et sûre contre le CP. Les chercheurs veulent maintenant confirmer leurs résultats préliminaires dans des essais contrôlés (avec groupe témoin) de plus grande envergure.

Source : Siemens R., J.-P.W. Heaton, M.C. Adams et coll., « Phase II study of nitric oxide donor for men with increasing prostate-specific antigen level after surgery or radiotherapy for prostate cancer », Urology 2009;74(4):878-83.