La surveillance active
En 2002 étaient publiées les données sur 231 hommes atteints d’un cancer de la prostate à pronostic favorable (cote de Gleason ≤ 6, taux d’APS ≤ 10 ng/mL) qui participaient à un essai prospectif de phase II lancé en 1995 par le Sunnybrook Health Sciences Centre (Toronto). On présentait au congrès une seconde analyse de ce groupe, qui compte aujourd’hui 453 patients âgés entre 45 et 86 ans. Ces hommes ont choisi la surveillance active plutôt qu’un traitement courant, et ils se prêtent à des tests de l’APS et à des biopsies périodiques.
Au suivi médian d’environ sept ans, la survie globale était de 83 % et la survie au CP, de 99 % (cinq hommes sur 453 sont morts des suites du CP); on a proposé un traitement aux 35 % de patients qui ont vu leur risque reclassé comme élevé lorsque le doublement de leur taux d’APS prenait moins de trois ans ou que leur cote de Gleason avait grimpé — et on a constaté un « échec-APS » (la remontée du taux) chez 52 % des patients traités plus vigoureusement.
Pour les chercheurs, la surveillance active avec report de l’intervention jusqu’à l’apparition de signes de progression du CP demeure valable puisqu’elle est associée à un faible taux de décès dus à ce cancer à moyen terme. Cette approche a aussi l’avantage d’être personnalisée et d’éviter les effets du traitement aux hommes dont le cancer évolue lentement, sans bloquer le traitement curatif pour ceux ayant un CP qui avance avec le temps.