Contre la perte osseuse
On sait que la suppression androgénique, un traitement courant du cancer prostatique avancé, accélère la perte osseuse et accroît le risque de fracture. Des chercheurs ont évalué les effets d’un anticorps monoclonal humain, le dénosumab, sur la densité minérale osseuse (DMO) et l’incidence des fractures chez des patients traités par SA. Le dénosumab agit sur la protéine RANKL, qui favorise la dégradation osseuse.
Les 1 468 participants de cet essai de phase III avaient un cancer non métastasé et suivaient une SA. On les a répartis au hasard en deux groupes et deux fois par année pendant trois ans, la moitié d’entre eux ont reçu une injection sous-cutanée de dénosumab, et les autres, un comprimé placebo. Tous prenaient un supplément quotidien de calcium et de vitamine D. L’essai visait surtout à mesurer l’évolution de la DMO des vertèbres lombaires après 24 mois et le nombre de fractures vertébrales ou à d’autres sites survenues en 36 mois.
À 24 mois, par comparaison avec le groupe placebo, le groupe dénosumab affichait une hausse de la DMO lombaire de 6,7 % ainsi qu’une amélioration notable de la DMO à la hanche et au col du fémur. Et après 36 mois, on a pu associer le dénosumab à une réduction de 62 % des fractures vertébrales et à un recul (non significatif) des fractures à d’autres sites. Les effets indésirables étaient similaires dans les deux groupes.
Conclusion : le dénosumab administré deux fois par année augmente la DMO à tous les sites du squelette et, en trois ans, réduit significativement l’incidence des fractures vertébrales dans les cas de cancer prostatique avancé traités par SA.