Les statines gagnent des points

Des études récentes donnent à penser que les statines, des agents prescrits pour réduire le cholestérol, seraient bénéfiques pour plusieurs aspects de la santé de la prostate. En laboratoire, on a aussi observé qu’elles stoppent la division des cellules cancéreuses et pourraient même en détruire certaines. Voici un aperçu de quelques recherches importantes présentées au congrès de l’AUA.

Une étude de l’Université de Toronto signale que chez les hommes qui prenaient une statine avant leur prostatectomie radicale, le risque de récurrence du cancer avait reculé de 30 %, un résultat qui pourrait s’expliquer par les propriétés anti-inflammatoires et hypocholestérolémiantes des statines. Mais plusieurs questions demeurent en ce qui concerne la dose optimale, le temps requis avant que les bienfaits se manifestent, et l’effet d’un traitement entrepris après la prostatectomie.

Trois présentations traitaient des résultats préliminaires d’une étude de la clinique Mayo sur 2 447 hommes de 40 à 79 ans suivis depuis 1990, dont 30 % prenaient une statine. On a observé que les utilisateurs de statines étaient trois fois moins susceptibles de recevoir un diagnostic de CP que les autres participants, ce qui soulève la possibilité que les statines puissent prévenir le développement de ce cancer. Une deuxième analyse a évalué l’effet des statines sur la dysfonction érectile auprès de 1 480 sujets de la cohorte initiale (on sait que les taux élevés de cholestérol accroissent le risque de DÉ). Globalement, l’utilisation de statines n’avait pas d’impact significatif, mais le risque de DÉ avait reculé chez les plus de 60 ans. Aussi, les hommes qui en prenaient depuis neuf ans ou plus étaient moins susceptibles (64 %) de souffrir d’une DÉ que ceux qui en utilisaient depuis moins de trois ans. Enfin, des chercheurs ont montré que les utilisateurs de statines étaient moins susceptibles d’avoir une HBP (57 %), problème qui touche presque 50 % des hommes à partir de 70 ans, ou un trouble des voies urinaires basses (63 %).

Bref, les données sur les statines sont prometteuses, mais d’autres essais sont nécessaires pour déterminer si ces agents peuvent vraiment protéger contre le CP ou d’autres problèmes urologiques. 

Source: AUA Annual Meeting, Chicago, April 25-30, 2009