Qui ne veut pas posséder d’objets de haute technologie ? Le téléviseur 3D, la voiture électrique à longue distance et d’innombrables appareils et agents médicaux annonçant un taux élevé de guérison (sans morbidité) : tous doivent confirmer leur vraie valeur. C’est le cas des ultrasons focalisés de haute intensité (UFHI) en traitement du cancer de la prostate.
Les UFHI présentent un intérêt immense pour ce qui est des problèmes médicaux. Cette technologie consiste à canaliser précisément une énergie externe vers une zone préétablie du corps. Dans cette zone, les tissus s’échauffent rapidement et se nécrosent. La paroi que l’énergie traverse pour rejoindre la cible reste intacte; grâce à l’imagerie ultrasonique, on limite le traitement aux zones à détruire.
Le doute plane au-dessus des UFHI, bien qu’on les ait utilisés depuis deux décennies. Quelques rapports sur les résultats affichent un excellent contrôle du cancer et presque pas d’effets indésirables, d’autres un haut taux d’échec exigeant la reprise du traitement et un taux de morbidité significatif. Notre article vedette présente une interview de l’un des grands promoteurs des UFHI au Canada, le Dr Laurence Klotz. Comme lui, je trouve les UFHI des plus intéressants, mais tant que leurs bienfaits ne seront pas démontrés par des essais cliniques comparatifs rigoureux, je crois qu’ils resteront un traitement peut-être pas expérimental mais dont les résultats sont incertains. Leurs effets à long terme, y compris ceux de la coagulation de la prostate par la chaleur, demeurent préoccupants.
Vous, les lecteurs, vous nous adressez toujours des questions critiques — et je vous invite à continuer ! Cette fois-ci, le Dr Tom Pickles parle du toucher rectal pour le dépistage; Mme Elizabeth Bowman, infirmière, explique le lien entre les cancers du sein et de la prostate; enfin, M. Gregory Harochaw, directeur de pharmacie, offre des conseils pour l’utilisation efficace des médicaments oraux contre la dysfonction érectile.
Ce numéro d’Entre nous fait aussi de la place aux survivants du cancer de la prostate en la personne de Phil Read, qui a enduré une incontinence grave et qui a fini par se faire insérer une bandelette de soutien (chirurgie peu effractive), et en celle de Roger Thériault, qui raconte comment le fait de se garder en forme physiquement et mentalement l’a aidé à encaisser le diagnostic et le traitement.
Plusieurs autres sujets sont également abordés — nous espérons que vous les trouverez intéressants et utiles.