La solution bandelette

EntreNous Vol.15 - No.1

Une technique de suspension qui libère de l’incontinence

Décembre 2000 : la biopsie prescrite en raison d’une montée rapide de mon taux d’APS indique un cancer prostatique de stade précoce; la prostatectomie radicale semble être la meilleure option. Début 2001 : le cancer est complètement extirpé et aujourd’hui encore, mon taux d’APS se maintient sous le seuil dit « normal ». La moins bonne nouvelle est que l’intervention m’a rendu incontinent — un problème fréquent après cette chirurgie. Les médecins de famille à qui j’en ai parlé estiment qu’environ 50 % des hommes qui subissent une prostatectomie doivent composer avec l’incontinence urinaire. J’espère que mon expérience personnelle donnera quelques idées utiles à ceux qui auront un jour à faire face à cette situation.

Essais, ratés et corrections

Commencés immédiatement après la prostatectomie, les exercices de Kegel (du plancher pelvien) semblaient faire leur travail. Quatre mois plus tard, j’étais presque « au sec », mais ma vessie se vidait très lentement. Mon chirurgien a vu qu’un anneau de tissu cicatriciel se formait dans l’urètre et il a éliminé cette menace de blocage en pratiquant de petites incisions dans le tissu cicatriciel pour élargir l’orifice. Cette chirurgie ambulatoire a beaucoup facilité l’écoulement de l’urine et contrairement à ce qu’on imagine, elle n’a pas été incommodante. J’ai eu le petit désagrément de porter un cathéter pendant cinq jours, mais pas de douleur du tout.

Les exercices de Kegel ont de nouveau amélioré mon contrôle urinaire — pas autant que la première fois mais assez pour que six mois plus tard, j’utilise seulement deux serviettes par jour. Cette incontinence modérée a légèrement régressé au cours des cinq années suivantes, alors que la détérioration d’une hanche m’immobilisait peu à peu. La hanche en titane que j’ai reçue en 2006 m’a permis de redevenir actif, et la période qui a suivi a même été plus exigeante que d’habitude puisque j’ai déménagé deux fois dans une nouvelle maison, ce qui a relancé l’incontinence à l’effort (résultant d’une pression sur la vessie, par ex. lorsque vous riez, toussez, éternuez, faites de l’exercice ou soulevez un objet lourd). Au secours !

Une cystoscopie révélait peu après deux anneaux de tissu cicatriciel en formation très lente dans mon urètre. Ces anneaux aidaient à me garder au sec mais on ne pouvait les ignorer car à long terme, ils bloqueraient l’urètre. Il a fallu deux chirurgies d’un jour pour les enlever (toujours sans inconfort) et les cathéters ont été retirés après trois ou quatre jours. Mais l’incontinence s’est aggravée; j’en suis venu à utiliser quatre ou cinq serviettes quotidiennement, et même six quand il y avait vraiment de l’action. J’avais besoin d’une solution plus radicale.

Je devais d’abord vérifier si j’effectuais les exercices de Kegel aussi efficacement que possible. Un appareil de biofeedback a rapidement montré que je ne les exécutais pas correctement. Au fil de 10 visites (une par semaine) à l’Hôpital général de Kingston, on m’a indiqué ce que je faisais mal et on m’a appris à faire bouger les muscles appropriés. Acquérir la bonne technique m’a demandé trois séances de pratique de 15 à 20 minutes par jour entre les visites à l’Hôpital. Les progrès étaient lents, mais mesurables. Grâce à la maîtrise des exercices, ma consommation de serviettes a baissé à trois ou quatre par jour — une nette avancée, mais qui me laissait loin de ce que je voulais réaliser et de ce que mon chirurgien pensait réalisable. Devais-je continuer à utiliser des serviettes, me faire poser un sphincter urinaire artificiel ou opter pour une bandelette de suspension ?

La technologie du hamac

La bandelette de suspension sert à traiter l’incontinence d’effort chez les femmes depuis plus de 50 ans, mais elle n’est disponible pour les hommes que depuis une dizaine d’années. Il s’agit d’une bande de tissu, généralement de matière synthétique et à mailles, qui est placée chirurgicalement sous l’urètre pour le soutenir et prévenir les fuites (pour plus de précisions : www.amsadvance.com; www.canadiancontinence.ca/pdf/La-Source.pdf). Les premières études associent cette intervention très peu effractive à un taux d’amélioration notable. Si je l’ai choisie en dépit de certains rapports qui la recommandent seulement pour l’incontinence légère à modérée, c’est parce qu’elle représente la solution la plus naturelle et la moins dérangeante à long terme. Je ne voulais pas m’astreindre à ouvrir et fermer manuellement un sphincter artificiel. Et comme les sphincters artificiels ne durent pas éternellement, je ne voulais pas avoir à remplacer le mien à un âge plus avancé.

Des chirurgiens-urologues d’Ottawa, Toronto et Kingston ont éclairé ma décision, et c’est en mai 2009 que le Dr Stephen Steele, de Kingston, m’a inséré la bandelette pour homme AdVanceMC. L’intervention exigeait une nuit d’hospitalisation, mais elle ne m’a imposé qu’un léger inconfort. J’ai dû m’asseoir sur des coussins pendant une semaine et ne pas soulever d’objets lourds pendant un mois, c’est tout !

Tout le monde n’est pas candidat à l’insertion d’une bandelette ou n’obtient pas comme moi des résultats aussi satisfaisants... L’amélioration a été immédiate : je passe toutes mes nuits au sec, de même que les jours où je reste presque tout le temps collé à l’ordinateur. Et même quand je bouge davantage (à creuser dans le jardin ou à donner un coup de main à l’entreprise de menuiserie de ma fille), habituellement, une serviette par jour me suffit.

Pour terminer, merci à tous les professionnels qui m’ont prodigué des soins et des conseils de haute qualité, ainsi qu’à ma femme et à mes proches pour le précieux soutien — et la patience — qu’ils m’ont accordés.

Survivant du cancer de la prostate et retraité après une carrière dans le monde de l’énergie et de l’environnement, Phil Read est devenu un bénévole actif de la Société canadienne du cancer. Il vit à Kingston (Ontario).