Faire un choix éclairé

EntreNous Vol.14 - No.1

Ce qu’il faut savoir pour bien décider de son traitement

 Encouragés par leurs médecins de famille, de plus en plus d’hommes acceptent de se plier à l’analyse sanguine de l’antigène prostatique spécifique (APS) et au toucher rectal pour détecter un possible cancer de la prostate (CP). Un diagnostic de CP posé tôt équivaut presque toujours à une maladie peu avancée ou à faible risque, et à une excellente espérance de vie indépendamment du traitement choisi. Le risque de complications sera bien sûr plus élevé si l’homme souffre également d’une maladie chronique. Bien que le CP soit le cancer masculin le plus fréquent, son diagnostic continue d’ébranler tant le patient que ses proches. À partir de là, il s’agit de s’informer à fond pour décider d’un traitement en toute connaissance de cause.

Voici les quatre grandes catégories de renseignements dont le patient et sa partenaire ont besoin après le diagnostic :

  • le pronostic : Pendant combien d’années pourrais-je survivre à ce cancer ?
  • le stade du CP : Quelle est l’étendue et la virulence du cancer ailleurs dans mon corps ?
  • les options thérapeutiques (recommandées par le médecin et/ou disponibles)
  • la probabilité de subir des effets secondaires du traitement

Vous êtes unique

À quelle quantité d’information et de ressources les hommes veulent-ils avoir accès ? Cela dépend de chacun. Certains en veulent beaucoup, alors que d’autres souhaitent être juste assez informés pour choisir un traitement, et que d’autres encore laissent le spécialiste prendre les devants et définir ce que le traitement devrait être. Il n’y a pas de bonne ni de mauvaise approche en matière d’information et de décision thérapeutique. Les uns et les autres ont des priorités différentes selon leur passé, leur santé générale, leurs relations de couple et ce que leurs amis leur ont raconté des traitements du CP.

Prostatectomie radicale, radiothérapie externe et curiethérapie demeurent les traitements les plus courants pour un CP de stade précoce. Les traitements plus récents — cryothérapie, thermo-ablation et ultrasons focalisés de haute intensité (UFHI) — sont offerts dans les centres spécialisés. La surveillance active, considérée elle aussi comme une option valable en cas de CP à risque faible, consiste en un suivi proactif de la maladie où l’intervention directe est reportée jusqu’à l’apparition de signes de progression notable du cancer. Ici et à l’étranger, on procède actuellement au recrutement de patients dont le CP est peu dangereux pour des essais cliniques visant à déterminer si certains de ces patients pourraient ne jamais avoir recours à un traitement. Ces études sont importantes, car elles pourraient éviter à bien des hommes les effets secondaires des thérapies actuelles.

Votre qualité de vie

Les principaux effets secondaires de la plupart des traitements sont la dysfonction érectile et l’incontinence (ou les troubles urinaires). Dans les deux cas, la qualité de vie est touchée significativement, quoiqu’à des degrés divers. En raison des caractéristiques personnelles et des maladies préexistantes, il est difficile de prévoir avec certitude qui éprouvera le plus de problèmes ainsi que le degré de récupération. Chaque spécialiste donne des pourcentages différents. Il est important de demander au vôtre à quoi il s’attend pour vous à l’égard de ces deux effets secondaires, sur la base de vos propres antécédents médicaux et des patients qu’il a traités. Et, nécessité absolue, discutez franchement de l’impact du traitement sur votre fonction sexuelle, des changements dans les sensations ou l’orgasme et de la douleur durant la pénétration.

Où puiser de l’information fiable ?

Les gens utilisent abondamment Internet pour se renseigner sur les traitements. Mais il y a tellement de sites disponibles qu’il vaut souvent mieux demander au spécialiste de vous indiquer les sites qu’il croit être de haute qualité — vous gagnerez ainsi du temps et aurez l’assurance d’obtenir des renseignements exacts. Et puis, mettez vos questions par écrit pour optimiser le temps que vous passez avec le spécialiste et avoir la garantie d’entendre tous les faits dont vous avez besoin. Certains patients enregistrent leurs consultations. Quelle que soit votre méthode, prenez bien le temps de trouver tout ce qu’il faut savoir pour arriver au choix du traitement qui vous convient le mieux.
 

B. Joyce Davison, infirmière, Ph. D., est professeure adjointe au département de chirurgie et chercheuse cientifique au Centre de la prostate de l’Hôpital général de Vancouver (C.-B.).